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Kristina Solomoukha & Paolo Codeluppi
NOS GRANDS PROJETS
OUR GREAT PROJECTS

Vernissage le samedi 12 mai 2012 à partir de 18h
Opening on Saturday May 12 at 6 pm
du 12 mai 2012 au 23 juin 2012
from May 12 to June 23 – 2012
du mercredi au samedi de 15h à 19h
from Wednesday to Saturday – 3 to 7 pm
Contexts, 49 rue Ramponeau 75020 Paris
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Entretien avec Kristina Solomoukha et Paolo Codeluppi
A l’occasion de leur exposition
NOS GRANDS PROJETS
Contexts : Comment pourriez-vous décrire votre exposition ?
Kristina Solomoukha: Sur une longue table, un certain nombre d’objets et d’images : des reconstitutions spéculatives de procédés incertains, des structures existantes et hypothétiques, des preuves tangibles d’une incompréhension, des documents de travail…
Paolo Codeluppi : Toutes ces formes sont issues de nos conversations, avec leur lot de projections et d’interprétations. La table est un lieu de travail et de discussion ; elle permet de définir l’échelle et de donner un ordre à ses objets-outils.
Contexts : Qu’entendez-vous par « objets-outils » ?
K.S. : Nous nous intéressons tous les deux à l’architecture et aux moyens de construction. NOS GRANDS PROJETS est une occasion de traduire sous forme de propositions plastiques les discussions que nous avons à ce sujet. Des objets qu’on présente ici renvoient aux outils de construction (comme une équerre ou un levier), mais ce sont aussi des outils de construction d’un dialogue.
P.C. : Oui, un dialogue qui produit des formes.
K.S. : Dans ce sens, les objets peuvent être des hypothèses, des observations ou des associations d’idées réalisées sous forme d’une maquette, d’une photo ou d’un objet trouvé. Ils sont comme un arrêt sur l’image dans le développement d’un projet ou des différentes étapes de travail.
Contexts : Donc, chacun des objets donne lieu à une suite de questionnements ?
P.C. : Oui, leur fonction n’est pas seulement de « matérialiser » nos discussions mais aussi de créer de nouveaux questionnements.
Contexts : Quels sujets ont été abordés lors de ces discussions ?
P.C. : Les discussions naissent des expériences et des observations communes effectuées lors des voyages que l’on a pu faire aussi bien dans un autre pays qu’au coin de la rue… Il s’agit, par exemple, d’une pyramide ratée de Snéfrou sur le site de Dachour en Egypte, d’une ruine romaine dont on a perdu la fonction…
K.S. : … Ou d’une cagette en bois trouvée dans la rue et dont la forme et les moyens de réalisation nous séduisent par leur ingéniosité.
P.C. : Dans la section des Antiquités Égyptiennes au Louvre, il y a des objets dont l’utilisation reste mystérieuse. Ce sont des maquettes en bois de ce qui, probablement, était des outils pour déplacer des blocs de pierre (utilisés dans la construction des pyramides).
Des hypothèses émises au sujet de l’utilisation de ses objets sont d’une grande variété. Nous participons à cette spéculation en proposant une interprétation. Le résultat en est un improbable outil de construction pour un chantier contemporain.
Contexts : Comment se fait la sélection des objets présentés ?
K.S. : En supposant que la table est un moyen de retranscription d’un dialogue, je dirai que l’on sélectionne des objets comme on corrige un texte – on essaye de faire des phrases cohérentes, on barre, et l’on réécrit.
Contexts : Votre table vous a servi d’échelle pour vos objets, qu’entendez-vous par cela ?
K.S. : Tout simplement que les figures dont on parle ont des dimensions variables – certaines sont gigantesques comme un paysage, d’autres sont à l’échelle de la main comme un jouet, et il y en a qui n’ont pas de dimension du tout par ce qu’informes…
En choisissant une table comme support, il fallait qu’on se débrouille pour que toutes, elles tiennent dessus… Ou dessous ! En tout cas qu’elles soient visibles.
Contexts : Pourquoi avoir choisi cette image pour la communication de l’exposition ?
P.C. : En cherchant la documentation pour une maquette, Kristina a trouvé cette illustration du « Voyage du Sieur Paul Lucas au Levant », l’ouvrage de Paul Lucas, voyageur et écrivain français du XVIIe siècle.
Le graveur a probablement réalisé cette image d’après la description du voyageur ; il a dû interpréter le récit et donner une forme à des bâtiments qu’il n’a sûrement jamais vu… L’on ne peut que supposer. C’est ce type de passage du récit à l’image qui nous intéresse et le rapport au réel qu’il induit.
Paris, le 24 avril 2012
www.contexts.fr • contact@contexts.fr • 0954013732
Victoire Dubruel • Mari Linnman • Anastassia Makridou-Bretonneau • Pierre Marsaa
Interview disponible sur : http://rdvcreation.wordpress.com/
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